Un contrat de TMA à cadrer ?
Un SLA de TMA (accord de niveau de service) fixe les niveaux de service que le prestataire s’engage à tenir sur vos applications, la façon de les mesurer et les conséquences s’ils ne sont pas tenus. Pour le cadre général, consultez notre guide de la tierce maintenance applicative.
Qu’est-ce qu’un SLA en TMA ?
Le SLA (service level agreement) est le plus souvent un document annexé au contrat, qui décrit le service attendu : événements couverts, délais d’intervention, méthode de mesure et conséquences d’un manquement. Il n’a pas de définition légale : c’est une pratique contractuelle, dont les indicateurs se négocient librement, comme le rappelle l’exposé d’un membre du barreau de Paris lors d’une conférence du syndicat professionnel Numeum de février 2022 (PDF). En TMA, il porte surtout sur la maintenance corrective et le support de niveaux 2 et 3.
SLA, objectif de niveau de service et engagement de moyens
- SLA : engagement contractuel sur un niveau mesurable, avec des conséquences s’il n’est pas atteint (pénalité, avoir, résiliation). Le livre Site Reliability Engineering, de Google, propose un test : que se passe-t-il si l’objectif n’est pas atteint ? Sans conséquence explicite, c’est presque toujours un simple objectif.
- Objectif de niveau de service (SLO) : cible chiffrée que le prestataire suit et vise, sans sanction automatique. Elle convient aux délais qui dépendent de facteurs extérieurs, comme la résolution d’un incident causé par un tiers.
- Engagement de moyens : le prestataire mobilise des personnes compétentes et agit avec diligence, sans garantir un résultat précis. C’est le principe de l’assistance technique en régie.
Un bon contrat les combine : engagement ferme sur la prise en compte, objectif sur la résolution, engagement de moyens pour le reste.
Les niveaux de priorité P1 à P4
Dans la logique d’ITIL, la priorité d’un ticket résulte de l’impact sur l’activité et de l’urgence (exemple dans la documentation d’un outil de tickets). Écrivez les définitions dans le contrat, avec des exemples.
- P1, critique : application indisponible ou fonction vitale inutilisable pour une grande partie des utilisateurs, sans contournement. Perte de données ou faille de sécurité active peuvent aussi justifier un P1.
- P2, majeur : fonction importante dégradée ou inutilisable pour un groupe d’utilisateurs ; un contournement existe, mais il pénalise l’activité.
- P3, mineur : anomalie sans blocage, contournement acceptable, impact limité.
- P4, faible : gêne d’ergonomie, défaut cosmétique ou demande d’information, traités dans le planning courant.
Prise en compte, contournement, rétablissement, résolution : quatre délais distincts
- Prise en compte : temps entre l’ouverture du ticket et la première action d’un ingénieur qui qualifie la demande (l’accusé de réception automatique ne compte pas). On parle souvent de GTI, garantie de temps d’intervention.
- Contournement : délai pour proposer une solution provisoire (procédure, paramétrage, correctif temporaire) qui permet de reprendre l’activité.
- Rétablissement : délai pour que le service fonctionne de nouveau normalement pour les utilisateurs. On parle souvent de GTR, garantie de temps de rétablissement.
- Résolution : délai pour corriger durablement la cause, tests compris.
Un délai ne vaut que par ses règles de calcul. Précisez quand le chronomètre démarre, quand il se suspend (attente d’une information du client) et quand il s’arrête (service confirmé rétabli, ou clôture automatique après un délai sans réponse).
Heures ouvrées ou 24 h sur 24 ?
- Heures ouvrées : le chronomètre ne tourne que sur la plage convenue, par exemple du lundi au vendredi de 9 h à 18 h, hors jours fériés. Pour un ticket P1 ouvert à 17 h avec un rétablissement à 4 heures ouvrées, le service doit être rétabli avant 12 h le jour ouvré suivant (1 heure le premier jour, 3 le second).
- 24 h sur 24, 7 jours sur 7 : le chronomètre ne s’arrête jamais. Cela suppose une astreinte, donc un coût plus élevé. Réservez-la aux applications critiques, souvent aux seuls tickets P1.
Avec une équipe en France et en Tunisie, le décalage horaire n’est que de 0 à 1 heure, mais les jours fériés diffèrent. Fixez le fuseau de référence et le calendrier retenu.
Exemple de grille de SLA n° 1 : les délais par priorité
Exemple générique et fictif, à adapter : ces valeurs ne sont pas des engagements d’Hydatis. Délais en heures ou jours ouvrés.
| Priorité | Prise en compte | Contournement | Rétablissement | Résolution |
|---|---|---|---|---|
| P1, critique | 30 min | 2 h | 4 h | 3 jours |
| P2, majeur | 2 h | 1 jour | 2 jours | 10 jours |
| P3, mineur | 1 jour | 3 jours | 5 jours | Prochaine version |
| P4, faible | 2 jours | Sans objet | Sans objet | Planifiée |
Les indicateurs de TMA à suivre
Cinq indicateurs couvrent l’essentiel, chacun avec une formule écrite dans le contrat et une source de données commune aux deux parties.
- Taux de respect des délais : tickets traités dans le délai divisés par tickets arrivés à échéance, calculé par priorité, car une moyenne globale masque les P1. Exemple fictif : 46 tickets P2 sur 50 à temps, soit 92 %.
- Temps moyen de rétablissement (MTTR) : durée moyenne entre l’ouverture et le rétablissement. Selon les éditeurs d’outils, la lettre R peut désigner quatre mesures (réparation, rétablissement, réponse, résolution) : définissez la vôtre et suivez aussi la médiane.
- Volume et ancienneté du stock de tickets : tickets ouverts en fin de mois, par priorité et par tranche d’âge. Un stock qui vieillit signale un sous-dimensionnement ou une dette technique.
- Taux de réouverture : tickets rouverts après clôture divisés par tickets clos, un test de la qualité des corrections.
- Satisfaction : note de 1 à 5 demandée à la clôture d’un échantillon de tickets.
Exemple de grille de SLA n° 2 : indicateurs, cibles et seuils d’alerte
Exemple générique et fictif : ces valeurs ne sont pas des engagements d’Hydatis.
| Indicateur | Formule | Cible d’exemple | Seuil d’alerte |
|---|---|---|---|
| Respect des délais, P1 et P2 | tickets à temps / tickets échus | 95 % | moins de 90 % |
| Respect des délais, P3 et P4 | idem | 90 % | moins de 80 % |
| Temps moyen de rétablissement, P1 | moyenne, de l’ouverture au rétablissement | 2 h ouvrées | plus de 4 h ouvrées |
| Stock de tickets de plus de 30 jours | tickets de plus de 30 jours / tickets ouverts | 10 % au plus | plus de 20 % |
| Taux de réouverture | tickets rouverts / tickets clos | 5 % au plus | plus de 10 % |
| Satisfaction | note moyenne de 1 à 5 | 4 au moins | moins de 3,5 |
Pénalités de SLA et bonus : bonnes pratiques et pièges
Informations générales, sans valeur de conseil juridique : faites relire votre contrat par un juriste ou un avocat.
Les bonnes pratiques
- Un déclencheur mesurable : une pénalité liée à un indicateur, à une priorité et à une formule, appliquée par exemple sous forme d’avoir. Exemple fictif : cible de 95 %, résultat de 91 %, pénalité de 2 % de la redevance mensuelle.
- Un plafond : le total des pénalités est limité à un pourcentage de la redevance. Un exemple de clause de contrat SaaS, présenté lors de la conférence Numeum, plafonne ainsi à 15 % des redevances annuelles les pénalités de retard sur un an : c’est un exemple, pas une norme.
- Un montant proportionné : en droit français, l’article 1231-5 du Code civil permet au juge de modérer ou d’augmenter une pénalité manifestement excessive ou dérisoire. Faites valider la rédaction par un juriste.
- Des conditions de déclenchement : sauf inexécution définitive, la même disposition prévoit que la pénalité n’est encourue qu’après mise en demeure du débiteur. Écrivez dans le contrat comment la pénalité se déclenche : constat dans le rapport mensuel, forme de la mise en demeure, délai de correction.
- Un bonus : prime ou crédit lorsque les objectifs sont tenus durablement.
- Une période de rodage : pendant la reprise de l’application, mesurez les indicateurs sans appliquer de pénalités.
Les pièges à éviter
- Des exclusions floues : la pénalité ne s’applique que si le manquement est imputable au prestataire. Listez les causes exclues : retard du client, panne d’un tiers, force majeure, maintenance planifiée.
- Un indicateur manipulable : un ticket clos puis rouvert arrête le chronomètre sans résoudre le problème. Suivez le taux de réouverture.
- Un cumul mal défini : une pénalité libératoire tient lieu de dommages et intérêts pour le manquement visé. Précisez ce qu’elle couvre et les autres recours possibles, comme la résiliation.
- Le tout-pénalités : une pénalité compense rarement le coût d’un incident critique. Exigez aussi une analyse des causes et un plan d’action.
Suivi et comités de pilotage
- Point opérationnel, chaque semaine : tickets en cours, priorités, blocages.
- Rapport et comité de pilotage, chaque mois : indicateurs face aux cibles, incidents majeurs et causes, stock de tickets, tendance, pénalités ou bonus, actions décidées.
- Revue périodique du SLA, au moins annuelle : seuils et périmètre ajustés par avenant, jamais de façon unilatérale (principe rappelé lors de la conférence Numeum de 2022 et posé par l’article 1193 du Code civil).
Réversibilité et continuité des niveaux de service
Prévoyez que les niveaux de service restent applicables pendant la transition. Exigez la remise du code, des accès, de la documentation et de l’historique complet des tickets. Cet historique permet au nouveau prestataire de repérer les incidents récurrents. Fixez la durée et le prix de l’accompagnement (voir le guide de la TMA).
Dix questions sur le SLA avant de signer
- Comment les priorités P1 à P4 sont-elles définies, et qui qualifie un ticket ?
- Quels délais sont des engagements fermes, quels autres des objectifs ?
- Quand le chronomètre démarre-t-il, se suspend-il et s’arrête-t-il ?
- Quelle plage de couverture, quel fuseau et quel calendrier de jours fériés ?
- Quels indicateurs, quelles formules, quel outil de mesure partagé ?
- Quelles exclusions : client, tiers, force majeure, maintenance planifiée ?
- Quelles pénalités, quel plafond, sont-elles libératoires ?
- Quel bonus, et quel plan d’action obligatoire après un manquement ?
- Comment le SLA est-il revu, et à quelles conditions modifié ?
- Que deviennent les niveaux de service et l’historique des tickets à la sortie ?
Questions fréquentes sur le SLA de TMA
Qu’est-ce qu’un SLA de TMA ?
C’est le document, le plus souvent annexé au contrat, qui fixe les niveaux de service attendus du prestataire : priorités, délais, indicateurs, pénalités éventuelles et suivi. Son contenu se négocie.
Quelle différence entre SLA, SLO et engagement de moyens ?
Un SLA est un engagement mesurable, avec des conséquences en cas de manquement. Un SLO est une cible suivie sans sanction automatique. Un engagement de moyens oblige à agir avec compétence et diligence, sans garantir de résultat précis.
Quels délais prévoir pour un incident critique ?
Il n’existe pas de délai standard : tout dépend de la criticité, de la plage de couverture et du budget. Un exemple fictif prévoit une prise en compte en 30 minutes et un rétablissement en 4 heures ouvrées pour un P1. Retenez des délais tenables et mesurables.
Quels indicateurs suivre pour piloter une TMA ?
Le taux de respect des délais, le temps moyen de rétablissement, le stock de tickets, le taux de réouverture et la satisfaction. Chacun nécessite une formule écrite.
Les pénalités de SLA sont-elles obligatoires ?
Non : un SLA n’est pas une obligation légale ; son contenu, pénalités comprises, relève de la liberté contractuelle. Plafonnez-les et proportionnez-les : en droit français, le juge peut modérer ou augmenter une pénalité manifestement excessive ou dérisoire.
Faut-il une couverture 24 h sur 24 ?
Seulement si l’arrêt de l’application hors des heures de bureau pénalise réellement votre activité. L’astreinte a un coût : limitez-la souvent aux tickets P1.
Hydatis et la TMA
Hydatis assure la tierce maintenance applicative avec des niveaux de service, par une équipe en France et en Tunisie. Nous proposons aussi de l’assistance technique en régie, avec des ingénieurs basés en Tunisie, à partir de 160 € HT par jour et par ingénieur (TJM), selon le profil, la séniorité, le modèle de collaboration et la durée. Une estimation est établie après un échange sur votre besoin. Pour comprendre comment se construit un prix de TMA, lisez Combien coûte une TMA ? Parlez-nous de votre application.
Pour aller plus loin
- Tierce maintenance applicative (TMA) chez Hydatis
- Tierce maintenance applicative (TMA) : le guide complet
- Combien coûte une TMA ? Modèles de prix et exemple de calcul
- Assistance technique en régie et staff augmentation : définition, contrat et prix
- Assistance technique en régie et externalisation informatique
- Parler de votre application à un expert
