Un besoin de renfort technique ?
L’assistance technique informatique, appelée aussi régie informatique ou staff augmentation, est un contrat par lequel une ESN (entreprise de services du numérique, anciennement SSII) fait intervenir ses ingénieurs auprès de vous pour renforcer votre équipe, avec une facturation au temps passé. Ce guide définit les termes, compare la régie au forfait, à la TMA et à l’équipe dédiée, détaille le contrat, explique le TJM et rappelle les risques juridiques en France.
Assistance technique, régie, staff augmentation : le vocabulaire
- Assistance technique : un prestataire fait intervenir chez un client des ingénieurs, aussi appelés consultants, sur les projets de ce client. C’est le terme usuel dans les contrats français.
- Régie : mode de contrat et de facturation de l’assistance technique. Le prix dépend du temps passé, non d’un périmètre fixé à l’avance. On parle aussi de prestation en régie.
- Staff augmentation : terme d’origine anglo-saxonne, proche de l’assistance technique : ajouter des profils externes à une équipe existante. En France, les contrats disent plutôt assistance technique ou régie.
- TJM : taux journalier moyen, c’est-à-dire le prix d’une journée de travail d’un ingénieur.
Régie, forfait, TMA, équipe dédiée : quel modèle choisir ?
Le bon choix dépend de la stabilité de votre besoin et de votre capacité à piloter une équipe.
| Modèle | Engagement du prestataire | Facturation | À privilégier quand |
|---|---|---|---|
| Assistance technique en régie | Des moyens : un ingénieur compétent, que vous pilotez | Au temps passé (TJM) | Le besoin évolue et vous pouvez piloter l’équipe |
| Projet au forfait | Un résultat : périmètre, prix et délai convenus | Prix fixe | Le besoin est clair et stable |
| TMA | Des niveaux de service sur des applications existantes | Forfait, unité d’œuvre, mixte ou régie | Vous voulez déléguer le support d’applications |
| Équipe dédiée | Une équipe stable, avec un responsable côté prestataire | Selon le contrat, souvent mensuelle | Le besoin est durable et demande de la continuité |
Choisissez la régie si le périmètre bouge, si vous avez un référent technique pour piloter et si vous cherchez un renfort rapide ou une compétence rare. Préférez le forfait pour un cahier des charges stable, la TMA pour déléguer le support d’applications en production (voir notre guide de la tierce maintenance applicative, son prix et ses niveaux de service) et l’équipe dédiée pour assurer la continuité d’un produit. Ces modèles se combinent. Hydatis propose les quatre : voir la page externalisation informatique et staff augmentation.
Comment fonctionne une mission en régie ?
Le principe est simple : vous donnez les consignes de travail, le prestataire reste l’employeur de l’ingénieur.
- Cadrage et sélection : profil, technologies, durée, lieu (sur site, à distance ou depuis la Tunisie) et date de démarrage. Le prestataire propose des profils, vous rencontrez l’ingénieur et vous validez.
- Pilotage quotidien : vous fixez les priorités, les tâches et le planning. L’ingénieur s’intègre à vos rituels et à vos outils.
- Suivi : un relevé d’activité mensuel, validé par vous, sert de base à la facture. Un responsable côté prestataire traite les sujets contractuels et humains.
L’engagement du prestataire porte sur les moyens : un ingénieur compétent, disponible et conforme au profil convenu. Il ne s’engage pas sur le résultat, puisque vous pilotez le travail au quotidien.
Les clauses du contrat d’assistance technique
Plusieurs clauses méritent d’être négociées.
- Durée et préavis : durée initiale, reconduction et préavis de sortie, équilibrés entre les parties. Un préavis réaliste laisse le temps de transmettre le travail.
- Remplacement du consultant : motifs (départ, absence prolongée, inadéquation motivée), délai, passation des connaissances et prise en charge de son coût.
- Propriété intellectuelle : les droits patrimoniaux sur un logiciel créé par un salarié dans l’exercice de ses fonctions reviennent à son employeur, ici le prestataire (article L113-9 du Code de la propriété intellectuelle). Sans cession écrite, ils ne passent donc pas chez vous. Prévoyez une cession écrite des droits sur le code, la documentation et les livrables, avec une mention distincte pour chaque droit cédé et un domaine d’exploitation délimité : étendue, destination, lieu et durée (article L131-3).
- Confidentialité : accord qui survit à la fin du contrat, comptes nominatifs, accès limités au strict nécessaire, restitution des données et du matériel.
- RGPD : si l’ingénieur accède à des données personnelles, faites qualifier le rôle du prestataire par votre délégué à la protection des données : un sous-traitant doit être lié par un contrat écrit (article 28 du RGPD). La Tunisie ne figure pas dans la liste des pays jugés adéquats par la Commission européenne (consultée le 26 octobre 2026) : les transferts de données vers ce pays exigent des garanties appropriées, comme les clauses contractuelles types (CNIL).
- Sous-traitance : exigez un accord écrit préalable avant tout recours à un sous-traitant. Si des données personnelles sont concernées, le RGPD impose cette autorisation écrite préalable et exige que le sous-traitant ultérieur respecte les mêmes obligations de protection (article 28).
- Vigilance du donneur d’ordre : pour un contrat d’au moins 5 000 € HT, vous devez vérifier que votre prestataire respecte ses obligations de déclaration d’activité et d’emploi de salariés, à la signature puis tous les six mois (article L8222-1). S’il est établi en France, demandez une attestation de vigilance de l’Urssaf et un extrait Kbis (article D8222-5, Service-Public). S’il est établi à l’étranger, l’article D8222-7 prévoit d’autres documents, par exemple un numéro d’identification TVA, une attestation de régularité de la situation sociale et un justificatif d’immatriculation professionnelle. Sans ces vérifications, vous pouvez être tenu solidairement des impôts, cotisations et rémunérations dus par le prestataire en cas de travail dissimulé (article L8222-2). Ces règles sont celles du 26 octobre 2026 : Service-Public annonce un renforcement de l’obligation de vigilance, avec des vérifications périodiques des obligations sociales et fiscales, y compris pour les sous-traitants en cascade, applicable après la parution d’un décret et au plus tard le 27 décembre 2026.
Combien coûte l’assistance technique en régie ? Le TJM
Le coût d’une régie se calcule simplement : TJM × nombre de jours facturés. Chez Hydatis, pour des ingénieurs basés en Tunisie, le tarif public est proposé à partir de 160 € HT par jour et par ingénieur (TJM). Hydatis établit une estimation après un échange : décrivez-nous votre besoin.
Le TJM varie selon quatre facteurs :
- le profil : technologie demandée et rareté de la compétence ;
- la séniorité : un profil confirmé coûte plus qu’un profil junior ;
- le modèle de collaboration : régie, équipe dédiée, forfait ou TMA ;
- la durée : durée d’engagement de la mission.
Calculer un budget mensuel
La formule : budget mensuel HT = nombre d’ingénieurs × jours facturés par mois × TJM, plus les frais éventuels (déplacements, licences). En régie, on facture en général les jours réellement travaillés, validés par le relevé d’activité : vérifiez dans le contrat le traitement des congés et des jours fériés.
Exemple fictif. Ces chiffres sont des hypothèses de calcul. Ils ne correspondent ni à un devis ni à une grille tarifaire d’Hydatis.
- Hypothèses : 2 ingénieurs, 20 jours facturés par mois, TJM fictif de 400 € HT.
- Budget mensuel : 2 × 20 × 400 = 16 000 € HT (exemple fictif).
- Budget d’une mission de 6 mois : 96 000 € HT, hors frais (exemple fictif).
Pour comparer deux offres, raisonnez en coût complet : TJM, jours facturés, frais, temps de pilotage et coût d’un remplacement.
Prêt de main-d’œuvre et marchandage : les risques juridiques en France
Informations générales, sans valeur de conseil juridique : faites relire votre contrat par un juriste ou un avocat en droit du travail.
L’assistance technique doit rester une véritable prestation de services, et non une simple fourniture de personnel. Deux infractions sont à connaître :
- le prêt de main-d’œuvre illicite : l’article L8241-1 interdit « toute opération à but lucratif ayant pour objet exclusif le prêt de main-d’œuvre » ;
- le marchandage : l’article L8231-1 interdit toute opération à but lucratif de fourniture de main-d’œuvre qui a pour effet de causer un préjudice au salarié ou d’éluder l’application de règles légales ou conventionnelles.
Selon Service-Public, ces deux infractions sont punies de 2 ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende, et de 150 000 € d’amende pour une société (peines de base, alourdies dans certains cas). Voici des points à faire vérifier par un juriste avant la signature :
- le prestataire reste l’employeur de l’ingénieur : contrat de travail, rémunération, congés, évaluation ;
- le client donne des consignes de travail, mais n’exerce pas les prérogatives de l’employeur ;
- la mission apporte une compétence précise, et pas seulement du personnel ;
- le contrat décrit la mission telle qu’elle se déroule réellement.
L’argument nearshore : une équipe en Tunisie, 0 à 1 heure de décalage
Pour une entreprise française ou belge, une régie avec des ingénieurs basés en Tunisie a trois atouts : 0 à 1 heure de décalage avec la France, donc des rituels quotidiens aux mêmes horaires ; des ingénieurs francophones et anglophones ; un tarif public à partir de 160 € HT par jour et par ingénieur. Hydatis a des bureaux en Tunisie et en France, et intervient sur Angular, React, Flutter, Node.js, Java (Spring Boot), Python, .NET, l’ingénierie de données, le DevOps et les tests automatisés.
Deux points demandent de la rigueur : les données personnelles (voir plus haut) et la continuité de service, car les jours fériés diffèrent entre la France et la Tunisie. Pour approfondir : notre page nearshore en Tunisie et le comparatif nearshore, offshore, onshore.
Checklist avant de signer
- Le besoin est décrit, et vous avez rencontré et validé l’ingénieur.
- Un référent côté client pilote la mission et valide le relevé d’activité.
- La durée, la reconduction, le préavis et le remplacement d’un ingénieur sont écrits.
- La cession des droits sur le code et les livrables est écrite.
- La confidentialité et le RGPD sont couverts, avec des garanties pour tout transfert hors de l’Union.
- La sous-traitance est encadrée et les documents de vigilance sont vérifiés.
- Le TJM, les jours facturés et les frais sont chiffrés dans un budget.
- Un juriste a relu le contrat au regard du prêt de main-d’œuvre et du marchandage.
Questions fréquentes sur l’assistance technique en régie
Quelle est la différence entre assistance technique, régie et staff augmentation ?
Ces termes recouvrent le même principe : un prestataire fait intervenir ses ingénieurs chez un client pour renforcer son équipe. Assistance technique est le terme usuel des contrats français, régie désigne la facturation au temps passé, et staff augmentation est l’équivalent anglo-saxon.
Régie ou forfait : comment choisir ?
Le forfait convient à un besoin clair et stable : le prestataire s’engage sur un périmètre, un prix et un délai. La régie convient à un besoin qui évolue, si vous pouvez piloter les ingénieurs : plus de souplesse, mais vous gardez la responsabilité du résultat.
Combien coûte une prestation en régie ?
Le coût est égal au TJM multiplié par le nombre de jours facturés. Chez Hydatis, pour des ingénieurs basés en Tunisie, le tarif public démarre à 160 € HT par jour et par ingénieur, selon le profil, la séniorité, le modèle de collaboration et la durée. Hydatis établit une estimation après un échange sur votre besoin.
Qui donne les consignes de travail à l’ingénieur en régie ?
Vous donnez les consignes de travail et fixez les priorités, mais le prestataire reste l’employeur : contrat de travail, rémunération, congés, évaluation. Cette répartition des rôles est un point d’attention au regard du prêt de main-d’œuvre : faites-la valider par un juriste.
Peut-on remplacer un ingénieur en cours de mission ?
Oui, si le contrat le prévoit. Précisez les motifs, le délai, la passation des connaissances et la prise en charge du coût. Sans ces clauses, un remplacement peut désorganiser la mission.
La régie est-elle légale en France ?
Oui, lorsqu’elle constitue une véritable prestation de services : l’assistance technique est une pratique courante, mais la loi interdit le prêt de main-d’œuvre à but lucratif dont l’objet est exclusif, ainsi que le marchandage. La frontière dépend des conditions concrètes de la mission. Cet article ne constitue pas un conseil juridique : faites relire votre contrat par un juriste.
Pour aller plus loin
- Externalisation informatique et staff augmentation
- Nearshore Tunisie : une équipe de développement dédiée
- Tierce maintenance applicative (TMA) : le guide complet
- Combien coûte une TMA ? Modèles de prix et exemple de calcul
- SLA de TMA : niveaux de service, indicateurs et pénalités
- Nearshore, offshore, onshore : les différences
- Choisir une ESN en Tunisie : 12 critères
- Parler de votre besoin à un expert
Sources officielles consultées le 26 octobre 2026
- Service-Public, sanctions du travail illégal : https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F31490
- Code du travail numérique, article L8241-1 : https://code.travail.gouv.fr/code-du-travail/l8241-1
- Code du travail numérique, article L8231-1 : https://code.travail.gouv.fr/code-du-travail/l8231-1
- Code du travail numérique, vigilance du donneur d’ordre : articles L8222-1, L8222-2, D8222-5 et D8222-7
- Légifrance, Code de la propriété intellectuelle : articles L113-9 et L131-3
- Service-Public, recourir à la sous-traitance : https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F36261
- Service-Public, attestation de vigilance : https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F31422
- CNIL, RGPD, chapitre IV (article 28) : https://www.cnil.fr/fr/reglement-europeen-protection-donnees/chapitre4
- CNIL, transferts de données hors UE : https://www.cnil.fr/fr/transferts-de-donnees-hors-ue-le-cadre-general-prevu-par-le-rgpd
- Commission européenne, décisions d’adéquation : https://commission.europa.eu/law/law-topic/data-protection/international-dimension-data-protection/adequacy-decisions_en
